Un vol aller-simple!

Mr et moi on aime les voyages, c’est une de nos rares passions communes (les voyages, le fromage bien affiné, le canard et le vin rouge – vu notre vie à venir va y avoir comme un problème!). Et souvent, dans l’avion on se disait « oh ça serait chouette de prendre un vol aller-simple! Mais on se disait ça un peu comme on se dit « un jour on voyagera en classe affaire » ou « un jour on sera riche »… on sait très bien qu’il y a de grande chance pour que ce jour ne vienne jamais!

Mais la vie est surprenante parfois! Et elle a mis sur notre chemin l’opportunité d’un vol aller-simple. Certes, ce n’est pas un vol de 12h, on ne part pas loin mais on part quand même dans un pays qui est bien différent du notre! Les Pays-Bas et la Provence c’est quand même pas tout à fait pareil! On a hésité 2 secondes, et puis on a saisi cette opportunité et on s’est lancés dans l’aventure.

Pour l’instant nous sommes en plein préparatifs. Mais nous attaquons le dernier mois avant le départ, ça commence à se préciser!

Beaucoup nous posent des questions sur l’organisation, j’essaierai de faire un petit article sur ça après notre arrivée, car je ne suis pas certaine pour l’instant que toutes mes infos soient justes! Et il y a des sites d’expatriés aux pays-bas qui sont très bien faits et qui expliquent beaucoup de choses.

Pour le moment, voici l’ordre dans lequel nous avons fait les choses :

  1. trouver du travail aux Pays-Bas
  2. Annoncer notre départ à nos familles, et à mon employeur
  3. Inscrire Colette sur les listes d’attente des crèches
  4. Préparer le déménagement (devis de déménageurs, vente de nos meubles, transports de nos effets chez nos parents pour stockage, …)
  5. Faire le tour des médecins/spécialistes, changement des lunettes (on sait ce qu’on laisse on ne sait pas ce qu’on trouve!)
  6. Trouver un appartement aux Pays-Bas (le préavis n’étant que d’un mois là bas, vous trouverez surtout des appartements libres de suite ou dans un mois, inutile de s’y prendre à l’avance!)
  7. Poser notre préavis (1 mois) en France et résilier nos contrats d’assurance et énergies en France
  8. Partir!
  9. On verra ensuite pour les démarches sur place!

C’est un peu stressant, il y a parfois des rebondissements, beaucoup de questions (comment je vais apprendre à Colette a écrire français? comment je vais apprendre le Hollandais?).

Il y a parfois des moments de solitudes quand vous appelez les agences immobilières « bonjour, je voudrais des renseignements sur l’appartement rue Sint Jorriszicht, » « Jorriszicht » « Jorriszicht? » bon OK… « J-O-R-R-I-S-Z-I-C-H-T » la prononciation à la hollandaise vraiment y a du boulot!!  Mais on est contents de ce changement alors pour le moment on se laisse emporter par la montagne de préparatifs et de cartons et on voit les jours défiler à toute allure sans trop s’inquiéter!

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Si jamais vous voulez que j’aborde des sujets particuliers, dites-le moi!! 🙂

 

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Tout quitter…

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Dans quelques semaines, nous allons tout quitter, nous laissons en Provence nos amis, nos meubles, l’appartement où Colette a passé ses premières semaines, une partie de nos livres, de nos vêtements… C’est une nouvelle expérience cette expatriation en famille, alors je vais essayer de la partager avec vous!

On part vivre aux Pays-Bas, à 1200 km de chez nous! Nous sommes habitués aux déménagements, mais la distance est en général autour de 300 km, donc nous louons un camion et nous emportons nos affaires! Mais là, il était hors de question de faire ce déménagement nous même, pour avoir un tarif raisonnable, il fallait rendre le camion en France puis retourner aux Pays-Bas en train pour repartir en avion chercher notre fille qui restera chez ses grands-parents le temps que nous installions tout dans notre nouvel appartement! Nous avons aussi demandé des devis chez les déménageurs et transporteurs (par route/train/bateau…) et les devis sont généralement autour de 4000€. Ce qui correspond à la valeur neuve de nos biens. Donc tout laisser et tout racheter sur place nous coûte le même prix que tout emporter! Le choix paraissait donc évident!

Mais pas tant que ça! En effet, sous-traiter cela a un déménageur nous permettrait de tout emporter sans se poser de question! Et des questions il y en a! A première vue comme ça on se dit « oh c’est pas grave, on laisse tout et on retrouvera tout là bas! ». Sauf que… dans ce cas on ne peut emporter que ce qui rentre dans notre voiture, et on ne fera les 1200 km qu’une seule fois.

Alors on se rend compte, on réalise, que tous ces livres qu’on accumule, il va falloir les trier, emporter les plus précieux, laisser les autres. Ce rocking chair que l’on a retapé pendant ma grossesse, sur lequel on berce Colette tous les soirs avant de la coucher depuis 16 mois, il ne rentre pas dans la voiture… Ce coffre à jouet que ma maman à passé des semaines à choisir parce qu’il le fallait fabriqué en France, en bois massif, qui a été fait sur mesure pour nous, il ne rentrera pas non plus… Toutes ces chaussures que je soigne depuis des années, je vais devoir en sélectionner quelques paires seulement… Tout ça, on n’y avait pas pensé tout de suite!

Alors on s’organise pour laisser le plus précieux à notre famille, certaines choses pourront venir par colis (les livres), d’autres comme mes chaussures, viendront dans leurs valises quand il viendront nous voir. Et d’autres, comme le coffre à jouer, l’ampli basse de Mr, ou le rocking chair ne nous rejoindrons peut-être jamais mais on les retrouvera en allant chez nos parents.

Tout ça c’est pour le coté « matériel » mais il y a bien évidemment toutes les personnes que l’on laisse ici sans savoir quand on va se revoir. On ne part pas si loin, mais on part quand même! Et c’est toujours avec un pincement au cœur, même si nous sommes très heureux de partir!

On laisse tout, pour tout reconstruire dans quelques semaines. Comme à chaque fois, cela prendra un peu de temps, et j’espère que cette fois ce sera la dernière!

La femme libre…

Je ne sais pas si je vais arriver à décrire cette ambiguïté qui m’entoure aujourd’hui et qui provoque parfois chez moi un mal-être non maîtrisé… Cette ambiguïté qui je pense entoure beaucoup de femmes qui, comme moi, approchent la trentaine aujourd’hui. Cette ambiguïté liée au sentiment d’être prise au piège de sa liberté.

Depuis toujours j’ai été bercée par des «travaille bien à l’école, tu feras le métier qui te plait!». Je viens d’une famille d’agriculteurs, le graal c’est de faire un métier intellectuel qui te rapporte un max tout en restant confortablement assis au chaud dans ton siège de bureau. Faut reconnaître que quand t’as passé ta vie à te lever à 4h pour aller planter des salades dans le froid et te geler les orteils dans tes bottes en caoutchouc, le bureau ça fait rêver! Bref… j’ai bien travaillé à l’école! Grâce à la chance d’avoir toutes les libertés dans «mon» choix de scolarité, j’ai  fait un bac S option sciences de l’ingénieur, major de promo, j’ai fait ensuite une école d’ingénieur, sortie 3ème de ma promo j’ai fait une thèse CIFRE tout en étant ingénieur dans une (très) grande multinationale, puis doctorat en poche, j’ai fait un post doc, dans une des plus grandes écoles françaises… alors sur le papier comme ça j’ai un CV de ouf! Ouai… Sauf que…

Sauf que malgré toutes les libertés qu’ont les femmes aujourd’hui, je me suis toujours vue et j’ai toujours été vue comme une femme dans un milieu d’hommes! Bonjour à la conseillère Pôle Emploi qui m’a sorti « ah bin vous êtes mignonne, sympathique, vous faîtes un metier d’homme, vous allez bénéficier de discrimination positive » ne sachant quoi répondre, j’ai souri. Alors elle a ajouté « bin oui, vous savez, je suis conseillère municipale comme ça, il y a des quotats de parité! »… et la seule chose qui m’est venu à l’esprit a été « gourdasse! » pour moi ce n’est pas une chance de bénéficier de « discrimination positive » mais bon… ça c’est une autre sujet, je vous parlerai peut-être un jour de ma vision personnelle du féminisme!

Bon du coup je suis une femme, qui a un doctorat et qui travaille dans un domaine masculin. Avec ce diplôme, je pourrais être chef d’équipe, directrice de projets, chercheuse, je suis libre de faire beaucoup de choses, je pourrais partir en Californie travailler, on m’a proposé même un contrat à 100 000€/an en Autriche. Mais en fait ça n’est pas ce que je veux faire et c’est là que je suis prise au piège de ma liberté!

Aujourd’hui ce que je veux faire, c’est être une mère, une épouse, une femme, avant d’être Docteur (non je n’aime toujours pas le terme doctoresse, et encore moins docteurE!!!!). J’aimais mon métier d’ingénieur, de petite chercheuse qui fait ses bêtises dans son coin, je ne veux pas des responsabilités qu’on voudrait me donner. Je ne veux pas être celle qui reste au boulot à 22h parce qu’il faut livrer demain, celle qui est au boulot à 7h parce qu’il y a conf call avec la californie, celle qui passe la moitié des vacances devant son PC parce qu’il y a un bug dans le produit chez Apple ou Microsoft… Je veux être la mère qui accompagne sa fille à la danse le mercredi aprem (oui, en tutu rose etc même si on va crier à la théorie des genres et au sexisme!), qui la dépose à l’école le matin, la femme qui ne considère pas que le métier de son mari est moins important puisqu’il gagne moins, la mère qui est là pendant les vacances de sa fille pour aller se promener toutes les deux parce que papa travaille, puis rentrer avec elle et tout préparer pour que papa puisse se reposer quand il a fini sa journée. Mais quand je dis ça on me regarde avec des grands yeux, parce que la liberté qu’on a voulu me donner je ne la saisis pas et au yeux des autres, je m’enferme dans une vie moins intéressante que celle que je pourrais avoir…

Aujourd’hui mon rêve de liberté c’est d’être femme au foyer, ou du moins, d’avoir un métier qui me permette de laisser la place que je veux donner à ma famille dans mon quotidien malgré la liberté de tout ce que je pourrais faire d’autre! Mais aujourd’hui, on comprend mieux une femme carriériste qu’une mère au foyer… Et encore que… Si on laisse nos enfants trop longtemps à la garderie, chez la nounou, on passe pour la mère indigne qui ne s’occupe pas de son gosse, et si on décide de ne pas travailler on est une glandeuse sans intérêt. Donc aujourd’hui, être une femme de 30 ans, c’est avoir un métier avec des responsabilités (mais pas trop), avoir des enfants (mais pas trop), être féminine (mais pas trop), s’occuper de son foyer (mais pas trop), sortir avec ses copines (mais pas trop)… et je trouve que c’est quand même vachement compliqué! Aujourd’hui la femme de 30 ans, c’est une femme mince, qui pousse un landau, porte des talons, une jupe de longueur convenable, un beau rouge à lèvre, un sac à langer contenant des petits pots bios, un sac à main contenant un Ipad dans une jolie housse pour sa journée de boulot, qui le soir va faire des longueurs à la piscine, récupère son enfant à 17h chez la nounou, pour rentrer cuisiner de bons petits plats dans son thermomix, avant d’enfiler une jolie nuisette pour passer sa soirée de femme « libérée » avec Mr. Alors voilà, les femmes sont « libres » mais moi ces libertés m’étouffent!